
Le professeur Paul Bastard médecin chercheur à Necker et à l’institut Imagine et l’immunologiste Alexis Maillard qui travaille dans son équipe. (ANNE-LAUE DAGNET / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)
Pourquoi certains ne développent pas de cancer alors qu'ils cumulent tous les facteurs de risque ? C'est ce que va tenter de découvrir une équipe internationale de chercheurs. Ils viennent de lancer leur étude,en ce printemps 2026,et vont analyser les cellules de 70 000 personnes sélectionnées sur des critères originaux,qui pourraient avoir des anticorps spéciaux,les protégeant.
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Dans les laboratoires de l'institut Imagine à Paris,le docteur Alexis Maillard traque des anticorps un peu particuliers dans le sang de patients : les auto-anticorps,ceux qui s'attaquent aux cellules de l'organisme au lieu de s'en prendre uniquement aux germes. Pour les trouver,l'immunologiste utilise l'interféron,une molécule du système immunitaire. "Je prends une pipette et je vais,ensuite,distribuer l'interférant directement dans ma plaque,explique le scientifique. Ensuite,on va les faire incuber pendant quelques heures et on va mettre cette plaque en contact avec le sérum des patients,ce qui va nous indiquer si oui ou non ces patients ont des anticorps."
"Comprendre ce phénomène peut nous aider à mieux analyser pourquoi les gens ont un cancer alors qu'ils ne devraient pas l'avoir,ou qu'ils n'ont pas de cancer alors qu'ils présentent des facteurs de risque."
Le professeur Paul Bastardà franceinfo
L'enjeu reste de développer des traitements à partir de ces "bons" auto-anticorps. "Les anticorps sont assez faciles à faire,soit avec les vaccins,soit en les produisant artificiellement. Si nous trouvons un auto-anticorps bénéfique,on pourrait imaginer le donner à des personnes avec un cancer en plus des traitements actuels. Au contraire,si on trouve un auto-anticorps qui est mauvais,on sait aussi comment les enlever et on pourrait imaginer enlever cet auto-anticorps", reprend le professeur Paul Bastard
Cette recherche de l'auto-anticorps "magique" va durer cinq ans,sur une dizaine de cancers différents et dans plusieurs laboratoires en Europe et aux États-Unis.
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