L’annonce par le président américain,Donald Trump,jeudi 13 février,de la mise en place de droits de douane réciproques,d’ici aux six prochains mois,a sidéré les partenaires des Etats-Unis tout en détruisant la fragile architecture des échanges internationaux bâtie sur les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Elle est aussi un casse-tête. Les douanes américaines gèrent 13 000 tarifs différents pour chacun de leurs 200 pays partenaires,ce qui signifie qu’elles vont devoir passer en revue près de 2,6 millions de droits de douane… au moment même où Elon Musk veut purger l’administration de ses fonctionnaires.
Les conseillers de Donald Trump ont toutefois précisé que ces tarifs douaniers seraient redéfinis « au cas par cas »,ce qui suggère qu’ils pourraient être utilisés comme des leviers de négociation dans des dossiers qui n’ont rien à voir avec le commerce. La menace d’une hausse des droits de douane a déjà été brandie,quelques semaines plus tôt,pour contraindre la Colombie à accepter un retour des migrants ou pour arracher au Canada et au Mexique une coopération renforcée dans la lutte contre le trafic de drogue.
Avec son décret,Donald Trump réduit en cendres tous les traités de libre-échange longuement négociés avec des pays comme la Corée du Sud,le Mexique ou le Canada,ce qui risque de déprécier la valeur des accords de commerce signés avec les Etats-Unis. Les nouvelles règles de Washington l’autorisent à imposer des droits de douane,même à un pays qui ne lui en soumet aucun,s’il considère certaines de ses pratiques comme « déloyales » ou si un pays a déprécié sa monnaie pour rendre ses exportations plus compétitives.
Cette nouvelle politique est loin de faire l’unanimité parmi les économistes américains. Pour Douglas Irwin,la réciprocité des droits de douane revient à « sous-traiter la politique tarifaire des Etats-Unis à d’autres pays ». « Ce sont eux qui dicteraient nos tarifs. Si d’autres pays imposent des droits de douane élevés sur les produits américains,nous ferions de même sur les leurs. Adieu la souveraineté américaine. Adieu la capacité de décider de notre propre intérêt national »,écrit-il dans les colonnes du Wall Street Journal.
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