
Marine Le Pen,présidente du groupe parlementaire Rassemblement national (RN),quitte le siège du parti,le jour de sa condamnation,à Paris,le 31 mars 2025. THOMAS SAMSON / AFP Dans la foulée de la condamnation de Marine Le Pen,le 31 mars,à quatre ans de prison,dont deux ferme,et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire,la juge Bénédicte de Perthuis,qui présidait le procès des assistants parlementaires du FN,a été la cible d’injures et de menaces nombreuses,notamment sur les réseaux sociaux. Entre autres intimidations : la publication d’un faire-part de décès listant tous les membres de sa famille.
C’est en réponse à un tweet évoquant la protection policière sous laquelle vit désormais la magistrate que Gérard B. a posté sur X,le 1er avril,la photo d’une guillotine assortie d’une légende : « Ce que mérite cette salope. » Il n’a pas été difficile de retrouver le retraité de 76 ans,qui twittait sous son vrai nom,et comparaissait donc mercredi 9 avril devant le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour « outrage » et « provocation au meurtre ». « J’ai le droit de dire que je ne suis pas d’accord avec une décision de justice »,avait-il affirmé aux policiers venus l’arrêter chez lui.
« Ce qu’on vous reproche,ce n’est pas d’avoir dit “je ne suis pas d’accord” »,lance la présidente du tribunal à cet ancien informaticien né en Algérie française,et arrivé en métropole à 14 ans,en 1962. Doudoune noire sans manches par-dessus la chemise à carreaux,cheveu blanc et rare,lunettes sur le nez,le septuagénaire tente de s’expliquer,accoudé sur la vitre en plexiglas du box : « Je n’ai jamais pensé ni écrit de menace de mort. La guillotine,chacun l’interprète à sa façon. Pour moi,c’était un symbole de la justice,et je voulais dire que certains magistrats mériteraient aussi d’être jugés.
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