
L'ADN synthétique pour stocker des datas (illustration). (YUICHIRO CHINO / MOMENT RF/ GETTY IMAGES)
La question est au cœur des lieux de pouvoir : comment faire pour préserver la confidentialité d’un message rédigé avec un code secret,alors que l’avènement prochain de l’ordinateur quantique promet de venir à bout des dispositifs de chiffrement actuels ?
Des laboratoires civils et militaires à travers la planète travaillent à chiffrer et à décrypter les secrets diplomatiques,scientifiques,économiques et militaires. Nous avons déjà raconté dans cette chroniquecomment les gouvernements travaillent à la transition post-quantique pour préserver la confidentialité des échanges et des bibliothèques numériques. Leur protection est actuellement assurée par des moyens de chiffrement qui devraient être lisibles par l’emploi d’ordinateurs quantiques,annoncés pour les années 2030/2035.
Avec,sur le sujet,une concurrence féroce entre les États pour parvenir en premier à maîtriser cette technologie.
Ces travaux ont démontré qu'on pourrait être en mesure d’échanger un document,de manière sécurisée,en utilisant deux clés de chiffrement générées à Paris et à Tokyo à partir d’ADN synthétiques. C’est-à-dire de l’ADN qui a les mêmes structures que l’ADN naturel mais qui a été fabriqué chimiquement.
Ce procédé permet de stocker de considérables quantités d’informations : quelques milligrammes de matière peuvent héberger l’équivalent d’un million de disques durs d’ordinateurs. On parle en exaoctets,c’est-à-dire en milliards de gigaoctets.
Dans leur modèle,pour verrouiller un document,seules deux clés de chiffrement uniques existent. Il faut la paire pour que l’échange devienne lisible. C’est donc un gage de sécurité,car toute clé partielle ne serait pas exploitable. Et les tentatives de copie via des opérations d’amplification génétique – c’est le terme – laisseraient des traces qui signaleraient la fraude.
Les réalisations sont encore au stade expérimental,mais elles témoignent de l’urgence à trouver des moyens d’assurer,dans un prochain monde post-quantique,la confidentialité des correspondances et des archives stratégiques.
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