Histoire d’une notion. Actuellement discutée au Sénat,la proposition de loi pour « sortir la France du piège du narcotrafic » apporte déjà une certitude : en appelant « narcotrafic » ce que le code pénal qualifie officiellement de « trafic de stupéfiants »,elle ancre un terme dont l’irruption est à la fois récente et fulgurante. Les recherches du mot sur Google France,quasiment nulles depuis vingt ans,sont montées en flèche depuis début 2024. D’une occurrence proche de zéro dans les médias,l’emploi de ce mot a explosé parallèlement dans les trois bases de données de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) – journaux,radios,chaînes d’information en continu. Ces données rendent compte d’une offensive lexicale impulsée il y a un peu plus d’un an par Bruno Retailleau.
A l’automne 2023,le président du groupe Les Républicains au Sénat dépose une proposition de résolution créant une commission d’enquête sur l’impact du « narcotrafic » en France. Le mot est lancé,et contesté par une partie de la gauche. Le rapport du Sénat,lui,débouche,en mai 2024,sur des conclusions alarmantes : le narcotrafic pose une « menace existentielle pour les institutions et pour la démocratie ». Ces conclusions nourrissent la proposition de loi soumise au vote mardi 4 février au Sénat,axée sur le renseignement et la répression,mais aussi le discours de Bruno Retailleau,qui,entre-temps,est devenu ministre de l’intérieur.
A partir d’une interview à BFM-TV,le 1er novembre 2024,son compte X atteste de l’emploi récurrent,non plus des termes « trafic de stupéfiants »,qui était jusque-là employés par les ministres de l’intérieur quel que soit leur bord politique,mais du mot « narcotrafic ». « Les narcoracailles n’ont plus de limites,déclare-t-il,ce jour-là,à BFM-TV. Aujourd’hui,c’est un choix entre une mobilisation générale,ou alors la mexicanisation du pays. »
Du terme « narcotrafic » à la mention du Mexique,le ministre multiplie les allusions péjoratives à une Amérique latine que le chargé de recherche au CNRS Romain Busnel connaît bien. Ce « cadrage sensationnaliste » joue,selon lui,sur « une série de puissants imaginaires sociaux » : ils sont marqués par des productions culturelles comme la série Narcos,avec ses gangs armés et ses Etats – Mexique et Colombie – représentés comme faibles et corrompus.
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La quasi-totalité des actes étaient établis au nom de personnes bénéficiaires de la complémentaire santé, « pour des montants très supérieurs aux moyennes remboursées par l’Assurance-maladie ».
L’artiste congolais de 39 ans est entendu dans le cadre d’une « commission rogatoire de juges d’instruction », suivie par le Pnaco, d’après une information du site « Africa Intelligence ».
L’avocate de la partie civile espère que ce procès en appel confirmera les faits et le statut de victime de sa cliente, alors que la défense plaide le consentement. Durant la procédure comme lors du premier procès, les mis en cause ont affirmé que la victime était consentante. Le verdict est attendu pour le 3 avril.
Interpellés lundi 24 février dans la soirée, deux physiciens, âgés de 48 et 59 ans, avaient jeté trois bouteilles d’azote. Ils ont été condamnés, jeudi, pour « tentative de dégradation par un moyen dangereux » et « fabrication d’engins explosifs ».